Un marathon,
voilà comment décrire la saison NBA. Une longue route vers le titre. Finale 2008 : Celtics-Lakers. Logique, car il s'agit des deux meilleures équipes de la saison régulière. David Stern, le
commissionner de la ligue se frottait les mains avant cette rencontre. Le jeu efficace mais peu attrayant des Spurs n'avait pas attiré un audimat suffisamment élevé ces dernières années.
Cette année par contre, le duel entre les deux plus grandes franchises de l'histoire de la NBA aura eu plus de succès. Une finale magnifique, épique, avec des instants glorieux qui
resteront gravés dans les livres d'histoire du basket-ball outre-atlantique. Los Angeles qui brille, Boston qui bosse. Chacun son Big Three. Mais aussi chacun des joueurs de qualité gravitant
autour de ce dernier. Finalement, au terme de six matchs, les Celtics se sont imposés, glanant à l'occasion le dix-septième titre de leur histoire. La joie de KG qui remportait enfin un titre
était belle à voir. En pleurs, dans les bras de la légende Bill Russell à l'issue du Game 6, Garnett pouvait être fier du travail accompli, lui qui a impulsé sa rage de vaincre à une équipe qui
manquait cruellement de gnac. Enfin parmi les winners de son sport, il pourra remercier son capitaine Paul Pierce, impressionnant tout au long des playoffs et des Finales, malgré une douleur au
genou qui nécessitera certainement une opération cet été. Paul Pierce a vécu les terribles années de sécheresse à Boston, des années sans titre, souvent sans playoff. Et, patient, il a su
attendre que le vent tourne pour mener le navire Celtics à bon port. C'est logiquement que The Truth a reçu le titre de MVP des Finales, acclamé par des fans qui ont repris goût à la victoire
cette saison. Et que dire de Ray Allen, transparent lors des premiers tours, mais qui retrouve son niveau au meilleur moment. Allen aurait presque pu voler le titre de MVP à Pierce. Sa
préparation du Game 6 a été perturbée par l'hospitalisation de son fils, mais Ray a signé dans l'ultime manche 26 points à 8 sur 12 aux shoots, dont un 7 sur 9 à trois points. Ces trois joueurs
immenses, qui ont marqué la dernière décennie en NBA, ont enfin leur titre. On pouvait douter au début de la saison 2007-2008 de la qualité des coéquipiers de KG, Ray et Pierce, mais ils ont
répondu présent à l'image d'un Rondo solide à la mène et en constante progression. A l'image aussi d'un Posey, précieux en défense et pour son adresse longue distance. Les vétérans Cassel et
Brown ont également activement participé à l'épopée bostonienne, apportant leur expérience, leur intelligence et leur talent qui n'a pas disparu. Brown aura étonné davantage que Cassel. Sorti de
sa retraite pour tenter de remporter enfin une bague de champion, P.J. Brown a été très précieux en défense, gobant un nombre important de rebonds dans la peinture et incarnant une opposition
crédible aux intérieurs californiens. Posey titré pour la deuxième fois, Cassel pour la troisième fois, il faut citer également Perkins, House, Powe, back-ups performants, sans oublier les
joueurs moins utilisés par Doc Rivers que sont Tony Allen et Glen Davis.
En face les Lakers n'ont pas trouvé les solutions pour renverser la vapeur. Même lors des victoires remportés par les Angelinos, la prestation des joueurs de Phil Jackson n'avait pas été
convaincante. La raison de la défaite des Lakers tient en quelques lignes. Les Californiens ont tout simplement été moins bons que leurs adversaires. Echouant sur la défense de fer des
Celtics, et donc forcément moins adroits. Kobe a souffert face à Pierce. La victoire de Boston passait par là : Kobe étant inarrêtable, il fallait à tout prix diminuer son rendement sans pour
autant espérer le voir s'écrouler. Bryant a scoré environ 25 points de moyenne lors de ces Finales, contre 30 ou plus lors des tours précédents. Mais la défaite des Lakers est surtout la
conséquence de la faillite du banc des Lakers, si efficace auparavant. Et puis il y a Gasol et surtout Odom, qui ont vu leur statistiques plonger. Au rendez-vous lors du Game 5, les deux joueurs
n'ont pas réussi à peser suffisamment lors des autres matchs. Il aurait fallu que ces deux-là haussent leur niveau de jeu d'un cran pour que les Lakers puissent venir à bout du collectif des
Celtics.

L'équipe, qui a le mieux géré cet évènement que constitue une finale NBA, a finalement remporté le titre. La détermination, l'envie des Bostoniens tranchait souvent avec l'attitude de leurs
adversaires, qui semblaient parfois perdus et dépassés sur le parquet. Mais il aura fallu des Celtics héroïques pour remporter la série. En renversant la vapeur lors de matchs qui semblaient
presque acquis pour les Lakers, les joueurs du Garden ont montré une impressionnante force de caractère et une solidarité de tous les instants. Le bolide Celtics, lancé à pleine vitesse sur
l'autoroute du titre, a été innarêtable. Boston tout simplement meilleur que L.A., difficile de faire plus court pour résumer le sentiment général qui caractérise cette série.
Game 1 : Boston frôle le drame lorsque Paul Pierce reste au sol après un contact, tenant son genou douloureux, alors que les Lakers, très adroits, mènent au score. Quelques minutes de
manipulations dans les vestiaires, et le guerrier Pierce revient sur le parquet. Les Celtics sont transfigurés et remportent le match avec les tripes 98-88. KG (24 points et 13 rebonds) Pierce
(22 points) Allen (19 points) mais aussi Rondo (15 points et 7 assists) sont au rendez-vous.
Game 2 : Leon Powe score 21 points pour Boston. Le banc des Celtics domine celui des Lakers. Posey et Brown sont assez impressionnants depuis le début de ces Finales. L'adresse des Celtics et
leur jeu collectif (31 assists conte 20 à leurs adversaires) font la différence lors de ce match, et ces derniers l'emportent 108-102. Pierce (28 pts) répond aux 30 points de Kobe. Garnett
(17 pts, 14 reb) et Allen (17 pts) apportent leur soutien. Rondo assure à la mène avec 16 assists ! Hormis Kobe, aucun joueur des Lakers n'a encore dépassé les 20 points. Inquiétant ? Pas
suffisant tout simplement.
Game 3 : Da Kid et The Truth n'étaient pas dans leur assiette. Malgré cela les Lakers l'emportent péniblemet 87-81, grâce à un Kobe de gala et adroit (36 points), épaulé par Vujacic (20 pts). Une
rencontre peu attrayante en résumé, les deux franchises se montrant peu en réussite. Allen assure côté Celtics avec 25 points et une belle adresse.

Game 4 : Certainement l'un des plus grands come-backs de l'histoire de ce sport. Les Celtics l'emportent sur terrain adverse 97-91, après avoir été mené de 24 points avant la mi-temps. Les
Celtics ont fini par poser le verrou en défense, multipliant les prises à trois, voire quatre, sur Bryant, pour le stopper. La faillite des autres membres des Lakers, en particulier du banc,
a permis aux Celtics de revenir dans le match et d'emporter la rencontre. Débordant d'envie et de courage, Boston a certainement porté un gros coup à son adversaire lors de ce match, que les
Lakers avaient pourtant bien en mains. Malgré Odom enfin présent offensivement avec ses 19 points, les Lakers sont tombés de haut, avec un Kobe sous contrôle (17 pts à 6 sur 19 aux shoots).
C'est bien collectivement que les Celtics s'en sont sortis. Après Powe lors du Game 2, Posey a apporté un écot en venant du banc avec ses 18 points.
Game 5 : Perkins à l'infirmerie, Rondo et Pierce ont les articulations douloureuses, et pourtant Boston a failli rééditer sa performance du Game 4. Les Celtics sont rapidement distancés
par le départ canon des Lakers, emmenés par un Kobe tranchant dans le premier quart-temps (15 points). Mais le MVP 2008 sera totalement transparent en seconde période. 25 points au final
pour Kobe, enfin soutenu par Odom (20 pts et 11 reb) et Gasol, qui a maintenu le navire à flots au plus fort de la tempête Celtics. Car Boston n'a échoué qu'à 5 points (103-98) des Lakers et
a bien failli conclure la série lors de ce match. Une fois encore fébrile, les Californiens ont finalement assuré l'essentiel. L'absence de Perkins a pesé dans la raquette tout comme les fautes
qui ont handicapé Garnett durant une bonne partie de la rencontre. Mais L.A. a eu le mérite de réagir en équipe après la sortie de piste du match précédent. Dans les rangs des Celtics, Pierce
était en feu comme en attestent ses 38 points, 8 assists et 6 rebonds.
Game 6 : Après un exil de trois matchs en Californie, les deux équipes étaient de retour à Boston. Les Celtics avaient l'occasion de conclure la série devant leur public. Et plus qu'une
conclusion, le Game 6 fut une véritable exécution. Après un premier quart-temps équilibré, les Lakers ont bu la tasse avant de se noyer définitivement. Et jamais, ils n'ont semblé en mesure de
renverser le cours du match, de faire à leur tour un come-back improbable. Boston gagne le match 131-92, soit un écart de 39 points. Avec une adresse insolente, surtout à trois points (50 %), les
Celtics ont dominé leurs rivaux dans toutes les catégories : rebonds avec 48 prises contre 29, et assists avec 33 caviars contre 16. Allen (voir plus haut), Garnett (26 pts, 14 reb) ont été
excellents, tandis que Pierce, moins en réussite, a compilé 17 points et 10 rebonds. Enfin Rondo a été étincelant : 21 points, 8 passes, 7 rebonds et 6 interceptions. Une victoire éclatante en
guise de bouquet final pour ces fabuleux Celtics, qui auront démontré une grande solidarité dans les moments difficiles. C'est un Garden submergé par l'émotion et la nostalgie qui a acclamé ses
nouveaux héros. Garnett, quasiment en transe, était incapable d'articuler le moindre mot face aux caméras. Allen, avec son fils dans ses bras, Pierce avec son trophée de MVP... Plus de dix
ans de galère et de quasi solitude pour enfin toucher ce pourquoi ils jouent et respirent le basket : le titre NBA. Les autres Celtics se sont montrés dignes du talentueux et
omniprésent Big Three, continuellement sous les feux des projecteurs cette saison. C'est une équipe qui a atteint le sommet de la NBA, une véritable équipe, sans diva capricieuse,
composée uniquement de joueurs tournés vers le même objectif. Une équipe à la hauteur de la légende et de la mystique Celtics.



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